Guide · 13 min de lecture · mis à jour en septembre 2026
Pas de Code de la commande publique, pas de bulletin officiel, une négociation ouverte : ce qui change quand l'acheteur est privé, et comment trouver ses consultations.
Un appel d'offres privé est une consultation lancée par une entreprise, une association ou tout organisme non soumis au Code de la commande publique. Ce sont alors le contrat et le droit commercial qui fixent les règles, par exemple un paiement à 60 jours au plus après la facture (article L441-10 du Code de commerce). L'acheteur y reste libre de ses critères, de son calendrier et de son choix final : rien ne l'oblige à motiver un refus, et la négociation y devient l'étape décisive.
Les appels d'offres privés sont moins documentés, moins structurés et plus difficiles à trouver que les marchés publics. Ce guide vous explique les spécificités des AO privés, où les trouver, et comment adapter votre stratégie pour maximiser vos chances.
Un appel d'offres privé est une consultation lancée par une entreprise privée, une association ou tout organisme non soumis au Code de la commande publique, pour sélectionner un prestataire ou un fournisseur.
Contrairement aux marchés publics, les appels d'offres privés n'obéissent à aucun code des marchés : c'est le droit des contrats qui s'applique, avec des protections propres aux travaux. Le maître d'ouvrage doit garantir le paiement de l'entreprise au-delà de 12 000 euros HT (article 1799-1 du Code civil), la retenue de garantie est plafonnée à 5 % (loi du 16 juillet 1971) et chaque sous-traitant doit être accepté par le maître d'ouvrage (loi du 31 décembre 1975). Pour le reste, l'entreprise émettrice est libre de :
Les secteurs où les appels d'offres privés sont les plus fréquents :
Une société d'économie mixte, un organisme HLM ou une entreprise publique peut, selon son statut et son activité, être soumis au Code de la commande publique (articles L1211-1 et L1212-1) tout en achetant comme un privé : vérifiez le cadre juridique avant de répondre.
Les marchés publics et privés partagent le même objectif (sélectionner le meilleur prestataire) mais fonctionnent avec des règles radicalement différentes. Voici un comparatif complet.
En marché public, vous jouez selon des règles fixes et transparentes. Votre offre est évaluée sur des critères annoncés. En marché privé, les règles sont plus floues : la relation commerciale, la confiance, le réseau et la capacité de négociation comptent autant (voire plus) que le contenu technique de l'offre.
C'est le principal défi des marchés privés : il n'existe pas de BOAMP pour le privé. Les opportunités sont dispersées et souvent confidentielles. Voici les canaux à exploiter.
Plusieurs types de plateformes font circuler des appels d'offres privés :
Pour le BTP, les permis de construire sont la première source d'anticipation : un permis accordé annonce des travaux, souvent plusieurs mois avant que les entreprises soient consultées. La base Sitadel, tenue par le service statistique du ministère de la Transition écologique, recense les permis de construire délivrés en France. Dans le bâtiment, c'est la trace la plus en amont d'un appel d'offres privé : elle existe avant la consultation elle-même.
En marché privé, le réseau est le canal numéro un. Les recommandations et le bouche-à-oreille génèrent plus d'opportunités que toutes les plateformes réunies :
Contrairement au marché public où vous attendez les annonces, en privé vous pouvez aller chercher le business :
Un acheteur privé consulte le plus souvent les entreprises qu'il connaît déjà : faites-vous connaître de vos cibles en continu, pas seulement quand un appel d'offres tombe.
À ce moment-là, dans Doaken
En privé, aucun bulletin ne publie les consultations, et quand on vous consulte il est souvent trop tard. Dans Doaken, la détection de projets privés repère les permis de construire accordés, avant que la consultation ne sorte. Vous choisissez les chantiers que vous travaillez en amont.
Recevoir les marchés de mon métier
La réponse à un appel d'offres privé est moins formelle mais pas moins exigeante que pour un marché public. Voici les étapes clés et les erreurs à éviter.
En privé, le cahier des charges est souvent moins structuré qu'un CCTP public. Parfois, il se résume à un email de deux paragraphes ou une conversation téléphonique. Votre premier travail est de comprendre le besoin réel :
En privé, l'offre doit être plus commerciale que technique :
Même si le formalisme est moindre, préparez :
Pour voir à quoi ressemble l'ensemble une fois assemblé, lisez un exemple de mémoire technique annoté, section par section.
En privé, les délais sont souvent très courts. Une demande de chiffrage reçue le lundi pour le vendredi est courante. Votre capacité à répondre rapidement est un avantage compétitif majeur.
En privé, méfiez-vous des consultations « alibis » : l'acheteur a déjà choisi son prestataire mais a besoin de plusieurs devis pour justifier son choix en interne. Si vous êtes consulté à la dernière minute sans contact préalable, c'est souvent le signe que vous servez de faire-valoir. Posez la question directement.
La négociation est LA différence fondamentale entre marché public et privé.
En public, sauf en MAPA ou en procédure négociée, l'offre est ferme et définitive. En privé, tout se négocie.
Quelques principes pour négocier efficacement en marché privé :
En privé, la décision est rarement formelle. Pas de PV d'attribution, pas de notification officielle. Souvent, un simple email ou un accord verbal lance le projet. Sécurisez-vous :
Plus votre offre est difficile à remplacer (expertise rare, référence proche, implantation locale), moins la négociation porte sur le prix.
Les marchés privés ne sont ni meilleurs ni pires que les marchés publics. Ils sont différents. Voici une analyse objective pour vous aider à choisir votre stratégie.
Public et privé se combinent. Trois dosages types :
L'idéal est de trouver le mix qui correspond à votre profil, vos compétences et votre tolérance au risque.
Un appel d'offres public est régi par le Code de la commande publique avec des règles strictes (publication obligatoire, mise en concurrence, critères annoncés, délais minimaux). Un appel d'offres privé relève du droit commercial : l'acheteur est libre de choisir qui il consulte, de négocier librement et d'attribuer le marché selon ses propres critères.
Les appels d'offres privés ne sont pas publiés sur le BOAMP. On les trouve via : les bases de projets de construction et les annuaires entre entreprises, les portails fournisseurs des grands groupes (Ariba, Coupa), les permis de construire (base Sitadel), le réseau professionnel (salons, LinkedIn, clubs d'entreprises) et la prospection directe auprès des services achats.
Pas par le Code de la commande publique, sauf quand l'acheteur privé y est lui-même soumis. Ce sont le contrat et le droit commercial qui s'appliquent : paiement à 60 jours au plus après la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit, pénalités de retard dues sans rappel (article L441-10 du Code de commerce).
En remontant avant la consultation : les permis de construire accordés (base Sitadel) annoncent les chantiers privés, que les promoteurs, maîtres d'ouvrage et entreprises générales confient ensuite. Doaken repère ces projets privés à partir des permis de construire, avant que l'appel d'offres ne circule.
Oui, la négociation est non seulement possible mais attendue dans les marchés privés. On négocie le prix, le périmètre des prestations, les délais, les conditions de paiement, les pénalités et les options. C'est une différence majeure avec les marchés publics où la négociation est encadrée ou interdite selon la procédure.
Les appels d'offres privés sont un levier de croissance puissant, à condition d'adapter votre approche. Voici les points essentiels à retenir :
L'État et les collectivités paient sous 30 jours, intérêts dus d'office passé ce terme ; le privé négocie, puis reconduit librement ses contrats. Répondre aux deux, c'est traiter chacun selon ses règles, jamais de la même manière.
En 15 minutes de démo, voyez Doaken sortir les lots, les critères et les échéances d'un dossier de votre métier, puis construire le plan du mémoire technique en face de ces exigences.